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 Quel avenir pour le catholicisme ?

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lhirondelle
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MessageSujet: Quel avenir pour le catholicisme ?   Sam 20 Oct 2018 - 15:25

Pourrions-nous échanger autour de cette lettre ouverte ?

Présence info a écrit:
Je suis un homme plutôt nuancé dans ses propos et rarement bruyant dans l’expression de ses opinions. J’estime qu’il faut garder sa capacité d’indignation pour les rares choses qui en valent le coût. Ces dernières semaines, comme tant d’autres catholiques, j’ai mal encaissé le dernier acte d’une sinistre suite de dénonciations sérieuses et fondées d’abus de nature sexuelle commis par des membres du clergé en grand nombre. Le lugubre tour du monde des affaires de pédophilie (de l’Australie aux États-Unis en passant par le Chili, l’Irlande et le Canada) commence à être un peu lourd à supporter pour le fidèle lambda. Les affaires récemment dévoilées par le procureur de l’État de Pennsylvanie ont eu l’avantage de livrer un verdict sans appel que l’on n’osait pas croire: ce n’est pas qu’une histoire d’individus déviants, c’est un système pervers qui a longtemps donné l’impunité à des délinquants dangereux. Et, de toute évidence, ce n’est pas de l’histoire lointaine. Quand on parle des années 90, il n’est pas question du XIXe siècle...

J’en tire deux conclusions dont je suis conscient de la gravité. Mais, à bien y penser, aussi durs soient les mots, ils ne sont rien à coté des horreurs commises.

   La crise que traverse l’institution catholique romaine est de l’ampleur de ce qui a conduit à la Réforme au XVe siècle. La délinquance largement répandue de la part d’un grand nombre de prêtres jette le discrédit sur l’ensemble du clergé, bien qu’une part importante d’honnêtes hommes soient sans tache. Luther dénonçait la corruption du clergé. Bien qu’un tel jugement soit injuste pour les hommes de bien, il ne s’en applique pas moins à ce qui est divulgué maintenant (et depuis une trentaine d’années). La «corporation professionnelle» des prêtres est en crise. Le clergé est sévèrement discrédité et il n’a qu’à s’en prendre à lui-même. Et comme si ce n’était pas assez, on comprend maintenant que les manoeuvres de cover up des délinquants de la part de l’épiscopat n’ont pas été épisodiques, le lot de quelques hommes dépourvus de jugement, mais une pratique coutumière largement répandue. Comme on dit dans le monde des affaires, cela relevait de la «culture d’entreprise». Or, faut-il le rappeler, ce sont des crimes qui ont été dissimulés, et des criminels qui ont été soustraits à la justice. Comment qualifie-t-on une organisation qui protège des criminels? Je n’ose écrire la réponse qui, à elle seule, indique que l’institution catholique est sur une trajectoire obscure. L’argument souvent entendu selon lequel les gestes de quelques-uns ne doivent pas confondre toute l’institution ne tient plus. L’institution, souillée par les crimes sordides d’un grand nombre de ses cadres, n’est plus crédible. Elle a failli à ses devoirs élémentaires: comment pourrait-on lui faire confiance?
   
   Le discrédit institutionnel est une chose. L’effondrement moral en est une autre. Comment ne pas être profondément scandalisé par le fait que le clergé s’est fait le porte parole des plus sévères consignes morales dans le domaine sexuel pendant que nombre de prêtres s’autorisaient ce que la plus élémentaire des morales naturelles interdit. On a chargé les fidèles, les femmes surtout, d’un fardeau moral parfois inhumain tout en fermant les yeux sur les plus immondes des comportements de prêtres. L’outrage est immense. Et la conclusion terrible: l’Église n’a plus aucune crédibilité dans le domaine. Elle devrait se taire pendant au moins un siècle avant de reparler de sexe. Je reprendrais volontiers les mots des Athéniens à saint Paul: «sur cette question, nous t’entendrons une autre fois», tout en virant les talons. Il faut être digne des exigences éthiques que l’on veut énoncer. L’Église a gravement failli à son devoir. Elle a fait de sa théologie morale la plus vaine des idéologies. À ceux qui disent qu’il faut distinguer le message de l’institution (et de son «hommerie») je dis que je vis dans le monde réel, dans le concret de la vie, pas au ciel. Et sur la terre, la crédibilité du discours moral va de pair avec la cohérence de ceux qui l’énoncent. Dans la foulée de Vatican II, le magistère romain a eu l'audace de reprendre à son compte un slogan du marxisme en déclarant l'Église «experte en humanité». Je n’aurais jamais cru qu’une si noble ambition deviendrait une cynique description du pire. Experte en humanité? Ça ne fait pas de doute, et dans ce qu’elle a de plus terrible...

Pour rester dans le ton, on se souvient du pauvre Loisy qui, dans un élan d’exaspération, avait eu ce mot ironique: «Le Christ a annoncé le Royaume et c’est l’Église qui est advenue!»

Aujourd’hui, dans une des crises les plus graves vécues par le catholicisme, l’Église s’est embourbée elle-même dans un désastre que les mots, les discours et les communiqués ne répareront pas. L’institution a rendez-vous avec le réel. Et, dans le réel, la fin est une hypothèse plausible.

Jean-François Bouchard
Éditeur
http://presence-info.ca/article/opinion/une-institution-en-faillite


Et puis il y a cet article de La Vie


La Vie a écrit:
Politologue, Yves Hamant est engagé depuis plusieurs années dans la lutte contre les dérives sectaires dans l’Église. Il fait partie des lanceurs d’alerte sur le sujet. Pour La Vie, il réagit à la lettre adressée par le pape François au peuple de Dieu.



« Voilà plus de cinq ans que je me suis engagé pleinement, toutes autres affaires cessantes, dans la lutte contre les dérives sectaires dans l’Église catholique. De quoi s’agit-il ? Pour l’essentiel, de ce que l’on qualifie de plus en plus d’abus spirituels, au sein d’une communauté religieuse ou dans le cadre d’un accompagnement spirituel. Au nom de son autorité spirituelle, un supérieur (une supérieure, un accompagnateur, une accompagnatrice…) capte votre relation intime à Dieu et s’installe dans votre conscience, comme un coucou qui va pondre ses œufs dans le nid d’un autre oiseau, vous confisque votre liberté intérieure. Les ravages sont aussi graves que ceux causés par les abus sexuels. On pourrait parler de viols spirituels. Pour en comprendre le mécanisme, je renvoie à l’excellent témoignage de Marie-Laure Jansens. C’est d’avoir constaté chez des dizaines de personnes les souffrances causées par de tels abus qui a déterminé mon engagement.

Citation :
En 1969, un jeune théologien avait décrit sa vision de l’Église du futur. Elle serait de taille réduite, devrait quasiment repartir de zéro. Elle ne pourrait plus remplir les bâtiments qu’elle avait construits. Elle aurait moins de fidèles, aurait perdu nombre de ses privilèges. Elle ferait beaucoup plus appel à l’initiative de ses membres. Elle découvrirait de nouvelles formes de ministère, les prêtres à plein temps resteraient, mais elle ordonnerait aussi des chrétiens formés qui exerceraient une profession. Elle serait pauvre et plus spirituelle. Vous le savez, ce jeune théologien, c’était Joseph Ratzinger, le futur Benoît XVI.

L'article peut-être lu entièrement ici :


http://www.lavie.fr/actualite/billets/eglise-catholique-nous-sommes-dans-la-meme-configuration-qu-a-la-veille-de-la-reforme-protestante-11-10-2018-93631_288.php
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Leela
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MessageSujet: Re: Quel avenir pour le catholicisme ?   Sam 20 Oct 2018 - 16:10

Mes réactions à la lecture de ton post.  Sorry mon ma façon carrée et peu nuancée de m'exprimer, mais je n'ai pas l'art de la nuance surtout quand je ne veux pas pondre des textes kilométriques...

Pourquoi mettre en avant les problèmes liés à la sexualité ?  Ça se passe partout… et ce n’est pas parce qu’un humain est prêtre, musulman, bouddhiste… ou n’importe quoi qu’il est meilleur…  
Ceci dit le célibat des prêtres est certainement une faille typique à leur système surtout s’ils sont fréquemment en contact avec la population contrairement aux moines de toutes religions.

Je veux bien mettre ma main à couper (avant de savoir qui l’a écrit), que ce n’est pas un catholique qui a écrit cet article : on sent tout de suite une haine qui ne peut que venir de .l’extérieur, ce qui fait que j’ai envie de prendre ses arguments avec des pincettes, même si je n’aime pas du tout l’ECR.  Tirer à boulets rouges, OK, mais il faut rester crédible et voir le problème dans son ensemble et pas sous un certain angle, le pire de préférence.
Un croyant profond ne s'arrêtera pas de croire parce que des humains ont péché: il sait faire la différence entre l'enseignement de Jésus et des ecclésiastiques pervers... La religion ne se résume pas aux mauvais comportement de certains, quel que soit leur niveau.

Deuxième extrait : même remarque; ces reproches ne sont pas typiques à l'ECR mais à toutes les religions et même, encore en pire, à la religion montante: la société de consommation avec son matraquage publicitaire qui ne vaut guère mieux que les promesses d'enfer et de paradis: elle promet le paradis matériel tout de suite, mais mène les humains en enfer... tout de suite...

Alors, mon avis sur la question ?  Je pense que toutes les religions sont appelées à disparaître et je ressens les sursauts d’intégrismes actuels comme leur chant du cygne.  Aucune n’est crédible à mes yeux, même si toutes contiennent de facettes de sagesse, moralité, structure sociale qui sont utiles.

Je reviens avec mon leid motif : la religion NON, la spiritualité OUI (même elle passe par une religion, mais qui devient un support et plus un but en soi)
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lhirondelle
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MessageSujet: Re: Quel avenir pour le catholicisme ?   Dim 21 Oct 2018 - 13:58

Je pense, au contraire que les deux articles ont été écrits par des catholiques. Des catholiques qui ont cru dans le message et qui sont déçus de s'apercevoir, au bout du compte que le clergé qui prêche un message et s'en éloigne ou couvre des faits innomables.

Je ne vois pas de la haine mais de la déception, de la déconvenue. C'est un sentiment que je rencontre chez beaucoup de catholiques qui ont été abusés moralement ou spirituellement (avant de parler de sexe).

C'est justement quand on est à l'intérieur d'un mouvement qu'on peut se permettre de le critiquer de façon pointue.
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Leela
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MessageSujet: Re: Quel avenir pour le catholicisme ?   Dim 21 Oct 2018 - 20:00

quand on idéalise un système (ex: l'ECR) ou une personne (ex: le Pape), il est normal d'être déçus par eux un jour.

(je parlais du premier auteur, pas du deuxième)
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lhirondelle
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MessageSujet: Re: Quel avenir pour le catholicisme ?   Sam 3 Nov 2018 - 13:25

Un lanceur d'alerte sanctionné.
Libération a écrit:
Après avoir demandé publiquement la démission du cardinal Barbarin, Vignon n'a pas été reconduit dans ses fonctions de juge ecclésiastique. Un très mauvais signal envoyé aux victimes.


De lui, Pierre Vignon dit, sur le ton de l’humour, qu’il est le «massif du Vercors», faisant allusion à sa forte corpulence et à ce coin de montagne retiré où il vit. Grande gueule, le prêtre catholique, truculent à ses heures, est de ceux qui ne plient pas. Très investi dans le soutien aux victimes d’abus sexuels dans l’Eglise, exemplaire dans son combat, il a été pourtant très sévèrement remercié, jeudi, par les évêques de ses fonctions de juge au tribunal ecclésiastique de Lyon (Rhône).

«Je déplore cette décision mais je l’accepte. Je ne regrette rien de ce que j’ai fait cet été car je l’ai entrepris en conscience», commente auprès de Libération, Pierre Vignon. Il avait demandé publiquement, le 21 août, dans une lettre, la démission du cardinal et archevêque de Lyon, Philippe Barbarin. Cette prise de position, rarissime dans un milieu clérical généralement timoré, avait été relayée par une pétition obtenant plus de 105 000 signatures.
https://www.liberation.fr/france/2018/11/01/pedophilie-pierre-vignon-le-pretre-lanceur-d-alerte-sanctionne-par-sa-hierarchie_1689254
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